dimanche, mai 18, 2008

Voiture propre

Il y a dans le monde des choses incompréhensibles. L’attitude de l’humanité face au problème énergique en général et surtout face au problème environnemental en particulier en fait partie.

Les hommes ont du mal semble-t-il à adopter une attitude responsable face au problème, et à agir dans le bon sens.La bonne volonté individuelle de chaque individu atteint sa limite. Il arrive un moment où la volonté doit être aussi du côté des gouvernements et des industriels pour apporter une vraie réponse politique et technologique.

Mais l’appât du gain reste le frein essentiel. Et nous ne parlerons pas ici des pays en voie de développement à qui nous, pays riches, donnons de belles leçons après avoir copieusement pillé les ressources de la planète.
La technologie actuelle des voitures automobiles reste aujourd’hui une hérésie. Nous savons que le pétrole deviendra une ressource rare et chère. Nous savons également que tous ces millions de pots d’échappement polluent la planète, mais nous persistons dans cette voie. Etrange.

D’autant plus étrange qu’il semble évident que des solutions existent. Pour autant, nous voyons qu’il y a une sorte d’inertie incroyable à les mettre en œuvre. On entend ici et là parler de prototypes de voitures électriques, à hydrogène, voir même de voitures à air comprimé mais ces engins restent éternellement à l’état de prototype. Ils ne sont là que pour donner une belle image « verte » à un constructeur automobile qui souhaite surfer sur la vague de l’écologie.

Pourtant, dans les années 1960, il n’a fallu que quelques années aux Etats-Unis pour envoyer des hommes se balader sur la lune, et ce, à plusieurs reprises. Dix ans avant, leurs fusées ne parvenaient toujours pas à quitter le sol sans faire de beaux feux d’artifice. Dans les dernières missions APOLLO, les astronautes se pavanaient sur le sol lunaire au volant d’une voiture… électrique.Plus de quarante années plus tard, les voitures américaines n’ont pas fait de grands progrès. Un américain que nous connaissons nous avait montré le moteur de son 4x4 chevrolet de 1995 : le moteur était le même que sa belle voiture de sport, une ancienne Corvette de 1955 !

Pourtant, qui s’en souvient… La voiture électrique semblait être promise à un bel avenir, à la fin du 19ième siècle ! En 1899 très exactement, une voiture électrique appelée « la Jamais contente » battait le record de vitesse en roulant à plus de 100 kilomètres / heure. Elle était équipée de batterie Fulmen et de moteurs électriques. Un siècle plus tard, plus de 110 ans après cet exploit très exactement, on essaie de nous faire croire que faire rouler une voiture à l’électricité reste encore un défit technologique impossible à relever. Après plus d’un siècle de découverte, de voyages spatiaux, d’explosion de l’informatique et des nouveaux matériaux. Difficile à croire.


La voiture exposée au musée de Compiègne




Pour comprendre, il faut dire que le pétrole, c’est un marché juteux pour tout le monde.

Pour les industriels d’abord, dont les grandes compagnies ont tout intérêt à faire enterrer les projets qui pourraient leur nuire, et ils ne s’en privent pas. Les Bush et compagnie n’ont sur ce point aucun intérêt à développer les énergies propres dans leur propre pays, puisque leur famille a fait fortune dans l’exploitation du pétrole. Un américain que nous connaissons à Phoenix nous avait d’ailleurs raconté qu’une société s’était lancée dans la location de voitures électriques et que l’affaire tournait bien jusqu’à ce qu’elle soit rachetée par un groupe pétrolier, et … liquidée prestement !

C’est aussi un excellent marché pour les gouvernements qui touchent de superbes taxes sur les carburants. Retirer cette manne et les comptes plongeront rapidement (encore plus) dans le rouge ! Impossible donc de vraiment encourager les énergies propres, et les véhicules électriques sans se tirer une balle dans le pied.

Au final, nous restons donc avec nos véhicules polluants, dans un monde que nous méritons puisqu’il est le résultat de tous nos comportements et de nos choix. Nos choix de consommation, comme nos choix politiques.

Restent quelques espoirs, tout de même.
  • Toyota commercialise depuis plusieurs années une voiture hybride électrique / essence sous le nom de PRIUS. C’est une vraie réussite, mais ce qui est troublant, c’est qu’ils restent les seuls sur ce créneau, alors que d’ordinaire, les concurrents se précipitent sur les niches commerciales. Que se passe donc t-il pour qu’il y ait tant d’inertie ?
  • En 2009 sera probablement commercialisée une voiture entièrement électrique, d’une autonomie de 250 km avec des batteries révolutionnaires chargées en 5 heures sur une prise normale. Cette voiture appelée "blue car" est née de la volonté du groupe BOLLORE, qui compte bien ouvrir la voie dans le domaine. Ils ont d’ailleurs eu beaucoup de mal à la sortir. Problème, elle restera chère (plus de 20 000 euros) pour une voiture qui ne sera pas plus grande qu’une Twingo.
  • Enfin, un inventeur Français a conçu un moteur à air comprimé qui pourrait être promu à un bel avenir. Jusqu’à peu de temps, tous les constructeurs français de voitures se moquaient de lui, très ouvertement, jusqu’à ce que le groupe Indien lui achète les brevets. Et là, ça ne fait plus rire.

Bref, on le sent bien, faire rouler des voitures sans essence, ce n’est pas dans l’intérêt des industriels et des gouvernements. Au-delà des belles paroles, il reste les faits, et dans ce domaine, ils sont éloquents sur l'absence de volonté de sortir de cette impasse.