lundi, octobre 19, 2009

I know what I saw

Lorsque j’ai écrit mon dernier article sur le phénomène « OVNI », je m’attendais bien à quelques réactions, et je n’ai pas été déçu. La plupart d’entre vous ont observé un silence poli. Deux lecteurs m’ont fait part de témoignage personnel d’une observation dont ils n’osaient parler à personne. Les autres m’ont gratifié de quelques plaisanteries que l’on pourrait qualifier de « moquerie ». Bref, ceux qui parlent des OVNI passent toujours autant pour de doux rêveurs. Pourtant, au grand désespoir de mon épouse, ce sujet me passionne toujours autant.

Les mentalités évoluent
Une évolution notable se profile dans les milieux des reportages télévisés. Généralement, les phénomènes OVNI n’étaient évoqués que dans des émissions de « divertissement », avec des musiques angoissantes, des animations un peu grotesques qui rendaient l’ensemble peu crédible. Et quand Christophe Dechavanne s’en mêle, ça devient même franchement risible.

Peu après mon dernier article, CANAL+ diffusait un reportage complet et très bien fait sur le phénomène OVNI. Aucun sensationnalisme, mais des faits et des interviews de personnes crédibles : chercheurs, militaires, pilotes, scientifiques. Avec un constat : nier qu’il se passe bien quelque chose est une position de plus en plus difficile à tenir. Reste à savoir ce que c’est.





Dernièrement, aux USA, c’est James FOX qui s’y colle avec un reportage sur les OVNI. Pour réaliser ce documentaire, l’auteur a essayé de concentrer le plus de témoignages crédibles qui puissent exister. On y trouve des militaires de haut rang, mais aussi des pilotes, des astronautes.

Dans son reportage, il revient en particulier sur l’évènement le plus marquant en matière d’OVNI : le survol de PHOENIX (ARIZONA, USA), lentement et sans un bruit dans la nuit du 13 mars 1997 par un engin en forme de V aux dimensions tellement impressionnantes que les témoins qui ont été survolés directement diront « qu’il cachait à leur vue le ciel étoilé ». Des milliers de citoyens paniqués ont appelé la police, les pompiers, la base aérienne tout proche. Des centaines de personnes ont pu filmer l’évènement simultanément, à différents endroits de la ville : mais dans le noir de la nuit, seules des lumières apparaissaient et formaient le contour de l’appareil.

Une panique a commencé à naître, panique accentuée par les explications cafouilleuses de l’armée, qui d’abord a indiqué qu’aucun de leurs appareils ne volait cette nuit là, avant finalement de dire qu’en fait, si, et qu’ils faisaient des manœuvres aériennes (la nuit …) au dessus de la ville (….), et qu’ils ont lancé (…) des fusées éclairantes (…) ce qui expliquait les lumières dans le ciel.

Finalement, c’est le gouverneur de l’Arizona qui a réussi à éteindre l’incendie en convoquant la presse pour leur présenter « le responsable de ces troubles » : et il a fait monter sur scène un individu grimé en « extra terrestre » qui a fait le pitre quelques secondes, sous les rires de toute la salle. A partir de ce moment, continuer à parler de l’affaire, c’était être associé au ridicule de la situation : l’emballement médiatique s’est arrêté là au grand désespoir des milliers de témoins qui ont vu l’engin, et qui n’avaient pas du tout envie d’en rire. Ils continuent de dire encore aujourd’hui : « I know what I saw » (je sais ce que j’ai vu) : c’est le titre du reportage.





L’affaire se serait arrêtée là si vingt ans plus tard, retiré des affaires, le gouverneur en question n’avait officiellement admis qu’il avait intentionnellement ridiculisé l’affaire pour éviter une panique générale, en Arizona, ou dans le monde. Et de confirmer : oui, cette nuit là, quelque chose d’énorme a survolé la ville d’Arizona, et personne ne sait encore ce que c’était.

D’énormes enjeux
Peu d’évènements sont de nature à bouleverser en quelques heures la civilisation humaine. Les attaques du 11 septembre ont réussi à faire trembler le monde : il y a un « avant 11 septembre » et un « après 11 septembre ». Mais malgré cela, elles n’étaient pas de nature à provoquer un séisme planétaire et une remise en question de l’ensemble de l’humanité.

Le changement climatique va changer beaucoup de choses, mais sur plusieurs années. Les seuls évènements qui peuvent tout changer en quelques heures, ce sont des catastrophes gigantesques, causées par l’explosion soudaine d’un des supers volcans de la planète (celui sous le parc Yellowstown pourrait faire énormément de dégâts aux USA, et sur la planète), ou par le choc avec une météorique géante (de type géo croiseur – comme celui qui nous a frôlé en 2001, sans que personne ne le voit arriver, en passant à 4 millions de km de la terre, autant dire qu’à l’échelle cosmique, on a senti le vent du boulet).

La rencontre confirmée avec une civilisation n’ayant rien de terrestre, pourrait aussi avoir des conséquences incalculables sur l’ordre établi. Un site a énuméré les 65 raisons qui expliquent qu’il ne serait pas prudent de divulguer cette information au monde, et chacune d’entre elles est assez pertinente.

Il y a bien entendu des raisons religieuses ; quand on réalisera que, dans les récits qui font la genèse des principales religions, la plupart font référence à des « dieux » qui descendent du ciel sur un char lumineux, le doute sera posé dans les esprits. Nos ancêtres auraient ils appelé « manifestations divines » ce que nous appelons communément aujourd’hui « OVNI » ?

Mais le plus gros changement, ce sera sur notre positionnement sur terre, et dans l’univers. Nous sommes aujourd’hui au sommet de l’échelle de l’évolution. Aucun animal de la terre ne peut rivaliser avec nous : seules les forces de la nature peuvent nous contraindre et nous menacer. Aucun animal n’a la capacité de nous mettre au pas, de nous asservir.

Et soudain, voici qu’une civilisation visiblement largement plus avancée se présenterait à nous. Une civilisation dont l’avancée technologie incontestable, pourrait lui permettre potentiellement de prendre l’ascendant sur nous, si c’était sa volonté.

A chacun sa théorie
J’ai conscience d’aller vite en besogne. Associer OVNI et civilisation extra terrestre reste une hypothèse non confirmée. D’ailleurs, les personnes qui, comme moi, s’intéressent au sujet ne parlent plus d’OVNI (Objets Volants Non Identifiés) mais de PANE (Phénomène Aérien Non Expliqué) ; on laisse un doute sur la nature de ce qui est observé : objet, ou autre chose (naturel, pourquoi pas ?).

Mais dans l’hypothèse d’une origine non terrienne, il resterait à comprendre la raison de ces visites et leurs intentions. Sur ce point, chacun a sa théorie sur ce sujet, chacun a ses convictions. Moi, je me contente de constater les faits et d’en tirer des hypothèses.

Ce que je constate, c’est qu’il y a toujours eu des manifestations de type « OVNI » à toutes les époques depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, mais qu’elles n’ont jamais été aussi nombreuses que depuis les premiers essais nucléaires américains, au cours de la seconde guerre mondiale. Certains anciens militaires (généraux, colonels, …) révèlent d’ailleurs aujourd’hui d’anciennes visites « impromptues » de sites nucléaires militaires par des phénomènes lumineux d’origine inconnue. De plus, il n’est pas rare que les premiers vols de nos appareils aériens ou aérospatiaux de nouvelle génération fassent l’objet d’observations impromptues. L’un des premiers vols du Concord en a fait les frais, mais aussi les premiers vols spatiaux selon les témoignages de quelques anciens astronautes aujourd’hui en retraite et qui n’ont plus de carrière à sauvegarder.

Changeons les rôles et imaginons que nous ayons une parfaite maîtrise des voyages vers la lune.

Imaginons que nous découvrions sur cette petite planète l’existence d’une civilisation primitive, mais qu’au fil de nos visites discrètes, nous nous apercevions que leur niveau technologique évolue à grande vitesse. Imaginons que nous découvrions que cette civilisation est hargneuse, guerrière, qu’elle n’hésite pas à s’entre tuer pour diverses raisons, et qu’elle semble éprise de conquête, comme Christophe COLOMB découvrant l’Amérique et se l’appropriant comme si personne encore ne l’habitait avant lui.

Enfin, imaginons un jour que depuis notre bonne vieille terre, nous détections un essai d’explosion nucléaire sur la lune : l’une des premières explosions maîtrisées par les habitants de la lune et que parallèlement, cette petite civilisation maîtrise de mieux en mieux les technologies spatiales. Dès lors, nous serions amenés à multiplier nos missions de reconnaissance, notamment à chaque essai d’un nouvel engin spatial, histoire d’évaluer leur capacité à nous atteindre un jour. Et si cette petite civilisation se trouvait un jour capable de nous atteindre et de nous menacer, que déciderions-nous, à titre préventif ?

J’ai tendance à penser que nous sommes un peu dans cette situation. Sous surveillance depuis toujours, mais en surveillance rapprochée depuis le début de l’ère nucléaire. Pour une civilisation plus évoluée que la notre, nous sommes certainement des enfants turbulents, agressifs et dangereux qui jouons avec les allumettes du feu nucléaire. Ils nous surveilleraient, non pas pour nous protéger de nous-mêmes comme le pensent certains ufologues, mais pour évaluer le risque pour eux.

A mon avis, le jour du premier contact sera le jour où nous aurons dépassé une certaine limite qui mettrait leur propre sécurité en jeu, comme par exemple la découverte d’une technologie spatiale révolutionnaire (basée sur l’anti gravité) capable d’aller leur rendre nous même visite. Reste à savoir comment tout cela se terminerait.

En conclusion
Vous seriez en droit de penser que je suis le premier convaincu de mes propos. Il n’en est rien. A chaque fois, je me dis que tout ce sujet est ridicule et que je suis bien crédule d’accorder quelques crédits à toutes ces histoires.

Et puis, quand je retombe sur un reportage ou sur l’interview de pilotes de ligne, de chasse, de militaires et d’astronautes, quand j’apprends que tel nouveau pays (dernièrement, le Brésil) ouvre ses dossiers classifiés sur les manifestations aériennes inexpliquées et qu’ils regorgent de milliers de témoignages, je me dis : et si c’était vrai ?




jeudi, mars 19, 2009

La chasse aux antennes relais est ouverte

Il se passe en ce moment des choses très intéressantes. Il y a quelques semaines, pour la première fois, un tribunal a condamné un opérateur de téléphonie mobile à démonter une antenne relais pour cause de « principe de précaution »..C’était une première : jusque là, toutes les demandes avaient été déboutées par manque d’informations scientifiques fiables pour lever une alerte sur un éventuel risque sanitaire imminent.

Cette première condamnation ouvre la porte à d’autres procès du même genre avec à la clé de nouvelles condamnations. Certaines sont déjà tombées depuis, comme le démontage de trois antennes de l'opérateur ORANGE.

Si le rayonnement électromagnétique et ses effets à moyen / long terme est un vrai sujet de veille sanitaire, la manière de répondre à ces craintes par cette condamnation par « principe de précaution » soulève quelques remarques que je vais me faire un plaisir de vous exposer.

Le beurre et l'argent du beurre

Nous avons tous du mal à accepter qu'il puisse exister des mauvais côté à nos plaisirs. De plus en plus, nos concitoyens veulent le beurre, et l'argent du beurre. Ils veulent du service et du plaisir "safe" sans aucun risque, comme faire du ski hors piste, escalader le mont blanc en tongs ou se baigner dans une mer démontée, mais sans risquer d'y laisser sa peau. Ils attendent que les pouvoirs publics soient là pour empêcher le drame, mais surtout pas pour les empêcher de prendre des risques inconsidérés.

De la même manière, on rage contre les projets immobiliers qui défigurent les côtes françaises, mais on va en vacances dans un appartement face à la mer. On peste contre les embouteillages mais on préfère la voiture aux transports en commun. On enrage contre les antennes téléphoniques, mais on veut pouvoir téléphoner, partout, et quand on veut.

Et quand le réseau d'un opérateur téléphonique tombe en panne, comme ce fut le cas pour Bouygues Telecom en novembre 2004, les usagers menacent l'entreprise de procès pour dommages et intérêts pour couvrir le préjudice moral qu'ils ont eu à subir dans leur vie professionnelle et personnelle. D'un service au public, la téléphonie mobile est devenue un « service public »

Si les citoyens sont de plus en plus nombreux à s'élever contre les antennes relais, paradoxalement, rares sont ceux qui ont conscience que ces antennes sont indispensables à la téléphonie mobile. Car la première conséquence de ces condamnations est bien entendu la perte totale de couverture dans les zones incriminées. Chaque antenne retirée, c'est potentiellement plusieurs milliers d'usagers qui ne peuvent plus utiliser leur téléphone. Et les procès ne font que commencer. A chaque procès perdu, ce sera un trou supplémentaire dans la couverture des clients des opérateurs.

Et encore, la justice devrait être beaucoup plus sévère ! Car lorsqu’une antenne est jugée « dangereuse », pourquoi est-ce qu’un seul opérateur est condamné à la démonter ? La même zone est couverte par au moins trois opérateurs (bientôt quatre : bonne chance au nouveau !) , en utilisant des technologies similaires ; si on suit la logique jusqu’au bout, il faudrait que toutes les antennes qui couvrent cette zone soient éteintes, tous opérateurs confondus. Et pour être encore plus logique, ce sont toutes les antennes qu’il faudrait arrêter : si l’une des milliers d'antennes qui couvre la france est jugée dangereuse, toutes le sont également.

Mais ce que le public ne sait pas toujours, c'est que les opérateurs sont tenus par l'état de garantir une couverture de la population. Plus de 95 % de la population doit être couverte : c'est une condition à respecter pour conserver la licence. Pire, le téléphone étant devenu un moyen pour alerter les secours, les « trous » de couverture dans les zones urbaines ne sont plus envisageables.

Aujourd'hui, en 2009, on trouve tout à fait naturel qu'il soit possible de passer une communication téléphonique depuis n'importe point en ville. Seulement voilà : si toutes les antennes sont retirées les unes après les autres, comment les opérateurs seront-ils capables de remplir cette mission ? Si un jour, un usager ayant un besoin d'appeler les secours se trouve dans un de ces fameux « trous de couverture » créés par voie de justice, pourra-t-il attaquer l'opérateur en lui reprochant de ne pas avoir su assurer le service que l'on attend de lui ? Pourra-t-on reprocher à un opérateur la mort d'un homme parce que le témoin d'un accident n'avait pas de réseau au moment d'appeler les secours ?

L'homme n'a peur que de ce qui lui est imposé

Comme tout le monde, je m’interroge sur les effets à long terme des rayonnements électromagnétiques induits par ces antennes relais. C'est une vraie question, car on est passé d'un monde sans quasiment aucun rayonnement, à un monde dans lequel on baigne littéralement dans les ondes. Pensez un peu : je suis né en 1970. A cette époque, les seules ondes émises sont celles de la télé (trois chaines maxi), la radio, potentiellement les radio amateurs qui avaient d'immenses antennes dans leurs jardins, et que les voisins attaquaient en justice parce que ça brouillait leur réception télé. Trente ans plus tard, il y a la téléphonie mobile, le micro onde, la wifi, et j'en passe. Trente années, ce n'est pas suffisant pour avoir un recul sur les effets sanitaires à long terme.

Mais ce qui me gène dans cette décision de justice, c’est que la condamnation ne s’appuie sur aucun fait sanitaire avéré. L’état dit que la téléphonie mobile est sans danger, et par cette condamnation, la justice dit le contraire.Mais ce qui me fait plus réagir encore dans cette affaire, c’est l’énergie que mettent les parties civiles dans ce combat contre un risque pour l’instant virtuel, alors que des risques sanitaires beaucoup plus évidents ne mobilisent pas les foules.

Il faut bien se rendre à l'évidence : l'homme n'a finalement une peur bleue que des choses qui lui sont imposées. Tous les risques qu'il s'inflige à lui-même ne l'inquiètent jamais. Pire, il râle si on essaie de l'empêcher de prendre des risques inconsidérés.

Le public râle contre les fichiers informatiques du gouvernement, et s'insurge contre ce fichage en règle de leur vie privée. A chaque fois, ça fait la une des journaux : politiques et associations s'en mêlent, et les polémiques enflent. Mais dans le même temps, de plus en plus de citoyens exposent leur vie publique sur des sites Internet de type Face Book ! Et ironie de la chose : ces sites sont aujourd'hui une aide précieuse pour la police lorsqu'ils font une enquête. C'est un outil inespéré pour connaître les amis d'un individu, ses relations, les groupes auxquels il appartient, ses convictions. Une source d'information dont la police elle-même n'aurait jamais osé mettre en place !

Mais le meilleur exemple, c'est le scandale de l'amiante. Des millions de personnes ont vécu plus ou moins à proximité de cette matière dont la nocivité était connue depuis des années. La conséquence de cette exposition : des centaines de milliers de morts directement ou indirectement, à plus ou moins moyen terme. Un scandale indiscutable, à mettre sur le compte de la cupidité et de la bêtise des industriels, et qui est un drame humain effroyable. Dès que des personnes apprennent qu'elles travaillent dans un milieu amianté, c'est immédiatement une levée de bouclier, et des recours en justice, et c’est parfaitement justifié.

Mais pourtant, le drame de l'amiante n'est rien par rapport à un autre drame sanitaire qui couve toujours en silence. Un risque sanitaire qui nous expose tous, et qui a provoqué (le saviez-vous ?) au cours du vingtième siècle plus de morts que l'ensemble des deux guerres mondiales, celles de 1914/1918 et celle de 1939/1945 cumulées.

Je veux parler bien sûr du tabac. En moyenne, on estime qu'un fumeur sur deux sera victime de sa consommation. C'est effrayant. Et pourtant, malgré cela, les fumeurs fument toujours et le tabac est toujours en vente libre. Quid du principe de précaution ? Pourquoi le public ne tremble-t-il pas devant ce risque connu et quantifié ? Comment fait un fumeur pour ne pas penser, à chaque bouffée, à cette minute funèbre où un médecin bien gêné devra lui annoncer qu'il a gagné à la loterie du tabac, et que le gros lot sera un cancer qui risque de le terrasser ? Et enfin la question qui me taraude le plus : parmi ceux qui se battent contre les antennes relais, combien y a-t-il des fumeurs ?

... peur de ce qui est le plus visible...

Les antennes relais cristallisent toutes les peurs des populations, et toute leur colère. Il est beaucoup plus simple de montrer du doigt ce totem moderne et de l’accuser de tous les mots que de remettre en question sa propre responsabilité dans l’usage que l’on fait de la téléphonie mobile (voir le chapitre « précaution d’usage »).C'est que ces antennes sont tellement visibles, même quand on essaie de les cacher ! Elles sont plantées là, bien droites, presqu'obscènes, au dessus des maisons donc au dessus des lois, comme des étendards de ces grands opérateurs mobiles accusés de tous les maux. Un peu comme des oreilles qui épient nos pensées.

Vous ne vous sentez peut-être pas concernés parce que vous n'en avez pas une bien visible en face de chez vous ? Mais regardez votre téléphone mobile : vous avez « toutes les barrettes » ? Vous vous félicitez de l'excellente réception? Même, vous "crânez" devant vos copains en montrant que VOTRE opérateur est meilleur que le leur, parceque vous recevez mieux ??Alors c'est qu' ELLE est là, invisible, quelque part. Il y a en même certainement plusieurs. Mais vous n'y pensez pas, parce que vous ne la voyez pas.

J'ai fait moi même le test en me connectant sur le site CARTORADIO: en tapant le code postal de ma ville, je me suis rendu compte que notre immeuble était sous le feu de plusieurs antennes très discrètes. Je ne me sentais pas mal avant ; je ne suis pas plus malade après avoir eu cette information.

Ce n’est pas le cas pour tout le monde. Des personnes inquiètes appellent souvent les techniciens des opérateurs téléphoniques pour se plaindre des antennes relais installées devant chez elles. Une vieille dame a un jour fait cette démarche, pour se plaindre de maux de tête depuis l'installation dans son quartier d'une antenne relais. Les techniciens l'ont laissée tranquillement décrire ses symptômes avant de lui apporter un fait dont elle n'avait pas encore connaissance : le pilonne était dressé, certes, mais l'installation n'était pas encore alimenté électriquement. L'antenne ne fonctionnait pas, et n'avait encore jamais fonctionné !

Le rayonnement électromagnétique en question

J'ai appris une chose en préparant cet article : jusqu'à récemment, il n'existait pas de matériel assez miniaturisé pour permettre de mesurer l'exposition électromagnétique d'un individu. Les appareils qui existaient étaient lourds et encombrants ; ils ne pouvaient que difficilement quitter les laboratoires.Depuis peu, il existe maintenant des appareils miniaturisés que l'on peut porter à la ceinture comme des dosimètres de radiation. Ces appareils permettent de tracer les rayonnements rencontrés au cours de la journée, et il y a des surprises.

Mis au ban des accusés, les antennes relais de téléphonie mobile ne sont pourtant pas les plus grandes sources de rayonnement électromagnétique au sein des foyers Sont également de fortes sources : les micro ondes (attention aux vieux modèles) dont il faut se tenir à l'écart lorsqu'ils fonctionnent, les antennes de diffusion de télévision (je plains les parisiens qui paient des fortunes pour habituer dans les environs de la tour eiffel), les téléphones fixes sans fil DECT qui ont l'air si inoffensifs, et pourtant.

Il y a aussi bien entendu LE téléphone mobile qui émet, même quand on ne l'utilise pas. Voyez mes recommandations dans ce domaine.Et enfin, le fin du fin, il y a le WIFI.

Le wifi : le petit oublié des grands combats

Quand nous sommes arrivés dans notre nouvel appartement en 2003, l'une des premières actions que j'ai faites a été d'installer ma "BOX" internet, en activant bien entendu la WIFI. A l'époque, je m'en souviens encore très bien, il n'y avait que deux autres sources WIFI dans le voisinage. Je pouvais les voir sur le "radar" de notre ordinateur portable, un logiciel qui repère les réseaux, et les affiche en fonction de la puissance du signal : plus le signal est fort, plus la source est proche de l'ordinateur placé au centre du dessin.

Depuis, je n'avais plus jamais refait l'expérience. Mais conscient du fait que le WIFI peut s'avérer néfaste, mon épouse et moi avions décidé il y a un an environ d'éteindre systématiquement la BOX lorsque nous n'en avons pas besoin, histoire de réduire le rayonnement. Mais ce n'est pas un comportement très courant : les BOX WIFI servent maintenant à plusieurs choses comme la télévision, la téléphonie fixe. Ces BOX sont donc censées être continuellement sous tension. Jamais elles n'arrêtent donc d'émettre, un peu comme les antennes relais. Sauf que c'est dans votre salon.

Dans le cadre de cet article, je me suis dit qu'il doit bien avoir deux ou trois réseaux WIFI supplémentaires dans les environs, et que ça illustrerait bien le fait que nous "baignons" de plus en plus dans les rayonnements électromagnétiques.J'ai donc lancé le "radar" et là ... je suis tombé de ma chaise.

La cartographie de la couverture WIFI de notre appartement : chaque rond = une source d'émission !!!

Ce n'est pas cinq, ni dix, ni quinze sources WIFI qui couvrent notre appartement, mais bien ... vingt six en tout et pour tout ! Autant je ne suis pas inquiet par le rayonnement des antennes relais, autant le fait de découvrir que nous sommes couverts par vingt six sources WIFI me pose un vrai problème.

L'impact des rayonnements électromagnétiques : le grand inconnu

Dans un excellent article du magasine « SCIENCE ET VIE » du mois de janvier 2009, j'ai découvert ce que tout le monde sait déjà : à savoir qu'on ne sait encore rien sur les effets des rayonnements électromagnétiques sur le corps humain. Aucune étude n'arrive à déterminer s'il existe une dose maximale, si une exposition de 2 heures est pire ou moins grave que deux expositions consécutives d'une heure.Un doute existe sur une espèce de « cumul » des doses reçues par le corps. Si ce cumul dépasse la capacité d'absorption du corps, celui ci pourrait réagir et développer des symptômes. C'est peut-être ce que ressentent les nouveaux « allergiques » aux rayonnements électromagnétiques, un mal reconnu dans plusieurs pays, mais pas en France.

Est-ce que les rayonnements ont un effet sur le corps ? Certainement oui. Est-ce dangereux, voir mortel ? C'est tout le débat. Et c'est ce qui est gênant dans le démontage des antennes : c'est que la justice décide sans disposer de moyens pour juger !

Téléphonie mobile : précautions d’usage

Tout produit de consommation indique des précautions d’usage. Sur les bouteilles d’alcool, on rappelle que les femmes enceintes ne doivent pas boire, et que l’abus d’alcool est dangereux. Sur les paquets de tabac, on indique carrément que « fumer tue ». Quand on achète un véhicule, on connaît les précautions d’usage : c’est le code de la route. Bref, tout produit de grande consommation mal utilisé comporte un risque sanitaire si le consommateur en fait mauvais usage.

La téléphonie mobile n’échappe pas à la règle. Mais pour le moment, on ne voit pas encore un gros signe collé sur les téléphones "téléphoner donne le cancer", fort heureusement. Pourtant, un téléphone mobile mal utilisé, trop utilisé, comporte des risques sanitaires à moyen terme, direct ou indirect, ne serait-ce que par le réchauffement au niveau de l’oreille.Il y a des précautions à prendre.

La plus grande précaution, c'est déjà de ne pas téléphoner en conduisant, tout simplement parce que ça monopolise votre attention, et qu'il a été prouvé que cela multiplie par 5 le risque d'accident. On le dit, on le répète, mais ça n'empêche pas nos concitoyens de continuer à passer leur coup de fil en conduisant.

De plus, téléphoner dans un véhicule augmente la puissance du rayonnement électromagnétique puisque le téléphone a plus de difficultés pour trouver l'antenne : paradoxalement, ce fait presque anecdotique fera plus peur à l'usager que le risque d'accident, dont l'issue peut être la mort de soi ou d'un piéton !

L'autre précaution est de veiller à choisir un téléphone ayant un indice DAS (absorption par le corps) le plus bas possible. Là encore, les usagers sont beaucoup plus intéressés par les fonctionnalités du téléphone et par son look plutôt que par son indicateur DAS. Pourtant, les mêmes usagers auront certainement plus de craintes sur la présente des antennes relais dans leur quartier, que de la capacité de leur cher mobile à réduire les rayonnements électromagnétiques.

Il faut également veiller à ne pas conserver son téléphone allumé près de son oreiller, la nuit. S'il est allumé, même si vous ne téléphonez pas, le mobile continue de dialoguer avec l'antenne pour signaler sa présence. Vous êtes donc soumis à un rayonnement permanent. J'ai rencontré dernièrement une ado qui dormait avec son téléphone SOUS son oreiller, en permanence allumé. Pour le peu que la chambre soit mal couverte par une antenne, le téléphone va émettre en pleine puissance toute la nuit. Voilà qui est paradoxal : dans ce cas, mieux vaut que la maison soit bien couverte par une antenne relais pour éviter que le téléphone n'émette à pleine puissance à chaque appel.

Soyez fermes sur les demandes de téléphone de vos jeunes enfants. Plus ils sont jeunes, plus leur corps et en particulier leur cerveau sont sensibles aux rayonnements. De façon générale, les jeunes enfants ne doivent pas utiliser les téléphones mobiles.

Enfin, et c'est le meilleur conseil, n'oubliez pas d'utiliser les kits oreillettes pour passer vos coups de fil. ET BIEN SUR, évitez les kits "main libres" sans fil en blutooth qui vous transforment en ROBOCOP. Ces appareils émettent des rayonnements, eux aussi. Imaginez si vous gardez l'engin à votre oreille des journées entières !!

Ces conseils sont connus de tous, mais pourtant, peu de personne les suivent scrupuleusement. Malgré les multiples émissions télévisuelles sur ces sujets, il reste encore beaucoup de parents qui cèdent aux demandes des jeunes enfants, et qui obtiennent un téléphone mobile. Comme pour le tabac, les consommateurs connaissent les précautions mais ne les suivent pas forcément. Ce serait pourtant idiot de rejeter tout le risque de la téléphonie mobile sur les antennes sans suivre un minimum les précautions d'usage de l'appareil que l'on colle à quelques centimètres du cerveau, et qui constitue le risque d'émission principal.

Paradoxalement, on oublie le risque que pose notre cher téléphone, pour se concentrer sur l'antenne inesthétique que l'on voit dans la rue.

Le principe de précaution en question

Il y a souvent une disparité incroyable entre le risque réel et l'émotion suscitée au sein de la population par ce risque. La crise de la grippe aviaire il y a quelques années en a été un bon exemple. La consommation de poulets a chuté vertigineusement tout simplement parce que nos concitoyens avaient peur d'attraper la grippe aviaire. Pourtant, le risque sanitaire était proche du zéro absolu ! Si tant est qu'un poulet grippé ait pu s'infiltrer dans le circuit de distribution, sa cuisson éliminait radicalement le risque ! Et pourtant, j'ai connu des fumeurs qui avaient cessé de manger de la volaille, sans jamais arrêter de fumer leurs clopes !

Je vais aller dans le sens du principe de précaution en donnant des idées des prochains combats. Si il n'est pas encore prouvé que la téléphonie mobile rend malade, et encore moins que cela peut causer une mortalité, il y a d'autres sujets qui méritent qu'on parte en croisade, parce que, pour ces sujets, il existe des chiffres, et les morts se comptent en dizaines de milliers chaque année. Prenez des notes, et appelez votre avocat :

En application du principe de précaution...

  • ... faites interdire la vente de tabac : plus de 65 000 morts chaque année en France. Malgré l'interdiction de fumer dans les lieux publics, vous pouvez toujours croiser un fumeur et respirer une fumée nocive pour votre santé. N'oubliez pas que le tabagisme passif tue aussi. Que diriez-vous si un inconnu saupoudrait de la poussière d'amiante autour de vous ? Pour éviter de croiser un fumeur, le plus simple est d'interdire le tabac !
  • ... faites interdire l'alcool : plus de 45 000 morts chaque année en France imputables à l'alcool. L'alcool est un fléau qui touche les français de plus en plus jeunes. C'est un risque sanitaire majeur : il faut donc interdire l'alcool ;
  • ... faites interdire les voitures dans nos villes : plus de 4500 morts chaque année sur les routes de France. Imaginez donc que des voitures circulent juste en face de vos portes de maison. C'est bien trop dangereux : faites appliquer le principe de précaution et faites stopper la circulation au moins dans votre rue ;
  • ... faites interdire le gaz de ville, les passages à niveaux, les manèges sur les fêtes forraines, j'en passe et des meilleurs : tous les ans, des morts. Au moins là, on sait qu'il y a un vrai danger immédiatement chiffrable ;

Et je parlerai même pas de toutes les autres choses qui ne provoquent pas la mort, mais qui sont dangereux pour la santé : les MP3 qui détériorent l'audition des jeunes, les fastfoods qui bouchent vos artères, les déodorants et autres savons qui contiennent des produits toxiques et cancérigènes (aluminium), les parfums d'intérieur qui polluent votre atmosphère sous couvert de senteur printanière, les produits OGM dont on ne sait encore rien, les boissons énergisantes dont les jeunes rafolent mais pour lesquelles il y a de fortes présomptions de risques importants ...

Le sujet qui m'inquiète le plus (parce que je vais être jeune papa) : les biberots au Bisphénol A (les incassables) soupçonnés de dérégler le système hormonal des jeunes enfants. Un produit carrément interdit au CANADA, mais pas encore en FRANCE. Etrange. Mais le plus marrant, c'est un professeur de médecine qui l'explique : "J'ai vu des parents très inquiets pour avoir donné à manger à leur bébé avec ce type de biberon, et qui vont ensuite dans leur voiture fumer en présence de leur bébé, sans comprendre que l'intoxication est bien pire". On ne changera pas les hommes !

Epilogue

Un jour, un ami voulait avoir mon avis sur la téléphonie mobile et ses dangers. Il m'avait dit « à ton avis, est-ce qu'on risque de développer un cancer du cerveau à cause du téléphone mobile ? ».

Au moment où il me demandait ça, il était en train de fumer sa cigarette. Je lui avais répondu : « à cause du téléphone, j'en sais rien, mais je peux te prédire que tu as une chance sur deux de mourir d'un cancer à cause de ta cigarette, et ça, c'est prouvé ».

J'ai senti que ma réponse l'avait blessé. Un peu comme si il avait pensé que je me moquais de ses craintes, et que je sous estimais le risque dû au rayonnement électromagnétique, puisque lui, il pense que fumer ne comporte aucun risque. Je ne le sous estime pas, mais je considère que le risque que lui faisait courir sa cigarette était bien plus grand, et surtout, prouvé depuis longtemps.

Nous vivons aujourd'hui les yeux rivés sur les dangers les plus visibles et les plus médiatisés sans voir les autres dangers plus évidents, et bien plus mortels. Un peu comme si nous avions les yeux rivés sur un petit pétard qui pourrait nous blesser, alors qu'une bonbonne de gaz s'apprête à exploser à côté de nous et nous déchiqueter.

Certains dangers sont socialement acceptés. Tout le monde accepte l'idée de mourir du tabac. On en rit presque : "il faut bien mourir de quelque chose" répondent les fumeurs à leur médecin. Ils disent cela avant de découvrir qu'ils ont un cancer et d'implorer qu'on les sauve.

D'autres dangers, moins importants, ne sont pas acceptés par la société, même si les risques sont bien moins grands. Ce que montre cette condamnation de démontage d'antenne, c'est que la justice suit finalement la vague des craintes de la population, et y répond en condamnant.

Si elle ne le faisait pas et qu'un jour on découvre que 500 morts sont imputables chaque années en France aux rayonnements électromagnétiques (sous entendus dûs aux antennes, alors qu'il y a d'autres sources), la justice pourrait être mise en cause. C'est peut-être ce qu'elle essaie d'éviter en invoquant ce fameux principe de précaution.