dimanche, septembre 17, 2006

La gaffe du pape

Il y a des sujets qu’il ne faut pas aborder. La tolérance et la liberté d’opinion sont souvent à sens unique, et toutes les idées et opinions ne sont pas bonnes à dire, sauf celles sur lesquelles tout le monde est d’accord.
La règle d’or est universelle : mieux vaut ne pas heurter la sensibilité des plus nombreux et des plus nerveux si on veut éviter les ennuis, ou tout simplement rester en vie.


Le pape aurait dû suivre cette prudente règle. Il y a quelques jours, ce dernier a fait une grosse gaffe, sur une simple vision différente de Dieu. Il avait eu l’affront d’avancer que «la violence est contraire à la nature de Dieu». Cela remet donc en cause la justification du djihad, la guerre sainte, fond de commerce des extrémistes religieux musulmans.

L’idée n’a pas plu : les religieux islamistes ont protesté, comme le grand mufti d'Arabie saoudite qui a défendu l'esprit du djihad dans l'islam, comme étant à l'origine "un droit légitimé par Dieu ».

En mettant ainsi clairement en évidence la différence entre justification de la guerre sainte côté musulman, et l’aspiration à la paix côté catholique, le pape a donc indirectement montré que l’islam était une religion qui pouvait être violente.

Le monde musulman n’a guère apprécié l’idée. Et pour protester contre cette accusation de violence, et comme pour prouver leur pacifisme ( …) , le pape a été menacé de mort, et les musulmans ont été appelés par certains religieux à se venger. A ceux là, il ne faut pas leur dire deux fois.

Aujourd’hui, un extrait du « Monde » résume la situation : « Dimanche matin, deux églises ont été endommagées dimanche par des inconnus à Tulkarem et Toubas, deux localités du nord de la Cisjordanie. Cinq autres églises avaient déjà été la cible d'attaques samedi à Gaza et en Cisjordanie. Dimanche matin, une religieuse catholique italienne a été tuée dans un hôpital de Mogadiscio. Les motifs du double crime n'étaient pas connu. Mais samedi, un chef religieux de la capitale somalienne lié au puissant mouvement des tribunaux islamiques qui contrôlent la ville depuis juin avait appelé les musulmans à "se venger" du pape. »

Ce qui est étonnant dans cette affaire, c’est que je ne lis et je n’entends nulle part de commentaire pouvant mettre en avant cette aberration. Pourtant, c’est bien cette contradiction qui est intéressante. En effet, lorsque les actes et les paroles ne sont plus reliés par la logique, on peut craindre le pire, car aucune raison ne peut plus calmer la situation.

Cette affaire me conforte dans mon opinion sur les religions. Placée au dessus de tout, inattaquable car divine, la religion devient aujourd’hui un prétexte puissant pour permettre et justifier toutes les exactions. Nos religieux catholiques en ont usé et abusé pendant le moyen âge ; les croisades et leurs cortèges de morts « au nom de Dieu » en sont un bon exemple.

Si seulement nous pouvions compter le nombre de morts causées par les religions de toutes natures depuis l’aube des temps, ça nous ferait réfléchir...