mardi, mars 18, 2008

Pouvoir d'achat et qualité

Aujourd’hui, il est beaucoup question de pouvoir d’achat. Mais bizarrement, personne ne parle de la qualité. Depuis quelques mois, je fais un étrange constat : non seulement les prix montent, mais la qualité baisse. Voici quelques exemples parlant.

Eté 2005 : l’un de nos deux parasols de plage meurt de sa belle mort. Je vais au commerçant du coin en acheter un autre en urgence. Pour 40 euros, j’ai un beau parasol de belle facture, made in France. Eté 2006, le second parasol nous lâche à son tour ; je retourne chez le même commerçant et lui achète les yeux fermés un parasol de même gamme de prix. Déjà, ce n’est plus 40 euros, mais 55 euros. Arrivé sur la plage, surprise : l’étui de pastique se déchire, la toile est de piètre qualité, et les baleines semblent être en plastique tordu ! Je cherche l’étiquette : made in China.

Mai 2007 : je vais chez BRICE m’acheter mes deux costumes annuels. Je suis un client fidèle : les costumes y sont corrects pour un prix raisonnable. J’achète mes deux costumes, et les ramène tout content. Premier jour, je me rends compte que la braguette du premier pantalon ne se remonte pas jusqu’en haut : elle est cousue trop près du métal. Au bout d’une semaine, un collègue me fait remarquer discrètement que l’on voit ma cuisse : la couture du côté d’une jambe s’est cassée, et le pantalon s’ouvre sur le côté ! Quelques jours après, ce sont deux boutons qui tombent. A la boutique, je fais admettre à la vendeuse que BRICE a du forcément changer de fournisseur. Elle me confirme que c’est le cas, et que le nouveau fournisseur est… asiatique.

Septembre 2007 : notre pommeau et tuyau de douche meurent de leur belle mort. L’ensemble était d’origine, et nous sommes dans notre logement depuis plus de quatre années. Nous partons chez BRICORAMA acheter un ensemble. Notre choix s’arrête sur un superbe pommeau marqué « économique » en eau, qui est dans la gamme supérieure. On comprendra après ce que cela signifie : il ne sort du pommeau qu’un petit filet d’eau, ce qui réduit forcément la consommation d’eau, mais ne permet pas de se doucher. Bon joueur, nous achetons un autre pommeau, non sans envoyer un courrier de réclamation au construction, qui prendra soin de ne pas nous répondre. Début Mars, le tuyau quasi neuf se met déjà à fuir ; il faut le changer !

Janvier 2008 : je pars acheter ma paire de chaussures annuelle. Je vais chez BATA, comme tous les ans. Il me faut environ 2 minutes 30 pour choisir la (même) paire de chaussures qui me vont à ravir. Deux mois plus tard, je sens de l’humidité dans mes chaussures, et je constate que les deux semelles sont entièrement fissurées. Je n’ai plus qu’à aller faire un scandale chez le commerçant…

Février 2008 : nous allons chez BUT acheter un beau siège de bureau. Malheureusement, celui que je choisis se trouve être le plus cher. Le vendeur nous conseille de prendre une extension de garantie. Je lui réponds que le précédent siège, je l’ai utilisé 20 ans et que ce n’est pas nécessaire. Il me répond que la qualité d’il y a 20 ans n’est pas celle d’aujourd’hui. Il ne croyait pas si bien dire : en montant le dit fauteuil une des vis refuse d’entrer dans son logement. Ayant la flemme de me retaper 1h30 aller-retour au magasin, elle reste donc là, en dehors de son logement.

Mars 2008 : je vais à Auchan pour m'acheter de nouvelles cartouches d'encre pour mon beau style Waterman. Las, je ne trouve pas, ce jour là la marque en question : le présentoir est vide. Je dois donc me rabattre sur la marque du Supermarché. Hier, avant une réunion, je change une ancienne cartouche Waterman, et je mets à la place une nouvelle cartouche Auchan. Pendant une heure, j'écris comme je peux, mais mon beau stylo semble n'écrire qu'avec de l'eau légèrement noircie ! Finalement, je retrouve une cartouche Waterman au fond d'un tiroir, et je retrouve une belle couleur noire ébène. Il me reste à jeter à la poubelle la pochette de cartouches Auchan !

L’impression est désagréable : non seulement nous payons plus chers certains produits, mais ils sont de piètre qualité. La différence passe dans les poches des multinationales, dont l’objectif est visiblement court terme.


Si la qualité a un prix, le prix n’est plus une garantie de qualité. La sanction viendra du consommateur qui, comme moi, évitera désormais soigneusement certaines marques auxquelles il était pourtant jusqu’alors fidèle.