samedi, novembre 25, 2006

Les médias font l’opinion

Le drame survenu après le match de football PSG-Hapoël Tel Aviv pose de nouveau la question du positionnement d’une certaine presse et de certains médias face aux évènements de plus en plus graves qui se déroulent dans notre pays.

Un rappel des faits : à la sortie du match PSG-Hapoël Tel Aviv , jeudi 23 novembre, une bande de supporters du PSG a pris à partie plusieurs supporters de l’équipe adverse. Les supporters du PSG font partie d’un club de supporters qui s’appelle « Kop Boulogne », la branche la plus dure des supporters, proche de l’extrême droite, animée par la haine du black, du juif, etc…

A la sortie du match, cette joyeuse bande a pris en chasse des supporters de l’équipe de Tel Aviv. Un policier en civil (noir de peau, ce qui n’a fait qu’attiser la haine des assaillants) a voulu s’interposer, et a été immédiatement pris à partie. Jeté à terre, plusieurs supporters du PSG ont commencé à lui donner des coups de pieds au ventre. Le policier a voulu se défendre avec une bombe de gaz lacrymogène, sans succès. Pour réussir à s’en sortir, il a fait usage de son arme de service et a tiré une balle sur les 11 cartouches que contenait son arme. Cette balle a transpercé un des assaillants, et en a touché un autre qui était derrière. Au final : un mort chez les assaillants. Par la suite, le policier et l’homme qu’il tentait de protéger se sont réfugiés dans un Mac Do qui a été attaqué. Ce n’est que l’arrivée (tardive) des renforts qui a sauvé le policier, son protégé, ainsi que les clients du MacDO.

Je vous invite à lire le témoignage d'un journaliste qui a assisté à la scène. C'est assez édifiant. Cliquer ici.

La grande question qui se pose aujourd’hui dans beaucoup de médias est de savoir pourquoi le policier a tiré, alors que la vraie question est de savoir comment il est possible en France, à Paris, en ce début du 21ième, que des hordes d’excités enragés & xénophobes puissent se rassembler à chaque sortie de match et tabasser qui bon leur semble.

Si le policier avait été tué, nul doute que la position de la presse aurait été tout autre. On aurait dit que c’est bien malheureux, mais que le policier n’était peut-être pas là où il devait être. Un accident du travail, en somme.

Interrogée par la presse, la mère de la « victime » indique que son fils n’était pas un hooligan. Il était là par hasard, au mauvais moment, au mauvais endroit. Aucun journaliste n’osera écrire que cette déclaration ne tient pas debout. Lorsqu’un groupe de jeunes prend en chasse deux hommes, en hurlant des insultes racistes, peut-on imaginer qu’un pauvre innocent puisse « par hasard » se trouver parmi les premiers assaillants ?

Pour finir, voici une dépêche AFP dont j’ai pris connaissance cet après midi et qui a motivé l’écriture de cet article, tellement je trouve ce texte affligeant :

PARIS (AFP) - Le Paris SG, endeuillé par la mort d'un de ses supporteurs jeudi après l'humiliation subie contre Hapoël Tel Aviv, va devoir essayer de se relever pour éviter de tomber encore plus bas à Nantes, autre club en crise, lors de la 15e journée de Ligue 1 de football.

endeuillé par la mort d’un de ses supporteurs

A croire l’article, c’est une victime innocente qui a perdu la vie. Pas un mot sur le fait que l’homme était un agresseur et que si le policier ne s’était pas défendu, cette pauvre « victime » aurait certainement été un tueur de flic. Mais je sais ce que vous allez me dire : tuer un flic, c'est beaucoup moins grave.