dimanche, décembre 04, 2005
Cordialement
"Cordialement", c'est par défaut ce que l'on met en fin d'un message électronique professionnel, juste avant la signature.
"Cordialement" est aux messages électroniques professionnels ce que "Veuillez agréer, monsieur, l'expression de mes sentiments distingués" est à la lettre papier.
Vous en conviendrez avec moi, on y gagne en clarté et en concision ! D'ailleurs, qui n'a jamais vraiment compris ce qu'étaient des "sentiments distingués" ?
Il y a des déclinaisons au "cordialement". Quand on veut être doux avec son interlocuteur, on mettra "Bien cordialement". Si on veut être carrément sympa, on mettra "Très cordialement". Si vous voulez être lèche cul, préférez "Fort cordialement".
Mais ne vous fiez pas trop à ce "cordialement" qui est quelque fois bien trop poli pour être honnête. Il n'est pas rare, en effet, de recevoir un mail sec et menaçant, avec, en conclusion un "cordialement" bien sec qu'il faut plutôt interpréter comme un beau bras d'honneur. Il y a même des cas où le mot apparaît en bas d'un mail qui vous met pourtant directement en difficulté en vous prouvant votre erreur. Comprenez le alors comme un beau majeur pointé vers les cieux.
Bref, on ne peut décidemment s'émerveiller devant les richesses de la communication et ses subtilités ! Non ?
vendredi, décembre 02, 2005
Le fameux plan B
Souvenez-vous, au mois de mai dernier, les français devaient se prononcer, pour ou contre la constitution européenne. L'issue du scrutin fut pour le moins tragique pour l'Europe et la France : j'en avais fait un article dans le blog.
Les partisans du non, Fabius, communistes et extrémistes d'une même voix, avaient promis les feux de l'enfer si nous votions OUI. Les autres avaient annoncé la même chose si nous votions NON. Plusieurs mois après, nous avons plus de recul pour savoir qui a menti.
J'aimerais beaucoup que les journalistes aillent interroger nos concitoyens qui ont voté NON pour connaître leur ressentiment. J'exclus bien entendu de ce sondage les citoyens immatures qui ont voté NON juste pour faire un bras d'honneur aux politiques, sans réaliser les enjeux pour la France en général, et pour eux en particulier.
Que pensent par exemple aujourd'hui ceux qui ont voté NON pour bloquer l'entrée de la Turquie dans l'Europe ? Quelques semaines après le rejet français de la constitution, la Turquie entamait de façon tout à fait normale ses démarches pour entrer dans l'europe. Le rejet de la constitution n'a rien arrêté du tout, et c'est normal : ce n'était pas la question. Au contraire, la constitution imposait à la Turquie des contraintes supplémentaires pour pouvoir intégrer l'Europe. Dans quelques années, les français devront se prononcer sur la question au travers d'un autre référendum. Ceux qui ont dit qu'il fallait voter NON pour bloquer la Turquie ont donc menti aux français.
Que pensent aujourd'hui ceux qui ont voté NON pour avoir une Europe plus sociale ? La constitution apportait de réelles avancées dans ce domaine, et gênait la grande Bretagne qui rêve, elle, d'une Europe 100% libérale. Ils rejetaient d'ailleurs ce même texte parce qu'ils le trouvaient justement trop social. En novembre de cette année 2005, les principaux commissaires européens français ont été écartés de l'Europe au profit de commissaires acquis à la cause libérale. On en parle peu dans les médias. En refusant la constitution pour une Europe plus sociale, ce sera très exactement le contraire que nous allons récolter. Ceux qui ont dit qu'il fallait voter NON pour éviter une Europe libérale ont donc menti aux français.
Que pensent aujourd'hui ceux qui ont voté NON plus éviter le danger du fameux plombier polonais ? Les polonais ont repris cette plaisanterie à leur compte avec des affiches qui montrent un beau plombier musclé invitant à venir visiter la Pologne ! Le rejet de la constitution n'empêche rien du tout : ces libres échanges existaient bien avant l'écriture de cette constitution. Quant aux délocalisations dans les pays de l'est, elles sont inévitables, et nous y contribuons tous en cherchant toujours à payer moins cher ! Car les citoyens de tous les pays industrialisés ont cette absurde prétention : gagner plus mais payer moins cher les produits de consommation : une équation impossible à résoudre avec nos salaires ! Ceux qui ont dit qu'il fallait voter NON pour bloquer les délocalisations ont donc menti aux français.
Que pensent aujourd'hui ceux qui ont voté NON pour empêcher la mondialisation ? Cette mondialisation, nous la provoquons tous les jours en achetant les produits de consommation si possible au meilleur prix. C'est une marche inéluctable, comme le fut le démarrage de l'industrie au début du siècle dernier. Se battre contre, c'est vouloir imiter don quichotte. Ceux qui ont dit qu'il fallait voter NON pour combattre la mondialisation ont menti aux français.
Que pensent ceux qui ont voté NON pour sanctionner Chirac ? Quelques dissidents de l'opposition avaient évoqué la nécessaire démission de Chirac en cas d'échec et avait appelé à voter NON dans ce but. Le président avait pourtant dissocié référendum et démission et c’est normal, car seules les élections sont là pour sanctionner le gouvernement. Ceux qui dit qu'il fallait voter NON pour sanctionner le président ont menti aux français.
Il y en a encore beaucoup, mais pour finir, que pensent les français qui ont voté NON en croyant à ce fameux plan B qui était soi disant prévu en cas de rejet par la France, comme le soutenaient quelques opposants à la constitution ? Ce fameux plan B, qui devait être une renégociation vers un texte encore plus social, ou plus… plus… plus on ne sait pas trop quoi d’ailleurs. On ne voir rien arriver encore. Ceux qui ont dit qu'il fallait voter NON parce qu’un plan B était forcément prévu ont menti aux français.
La constitution est bel et bien enterrée, avec elle toutes les avancées qu’elle promettait et la place d’honneur qui était celle de la France et de l’Allemagne.
samedi, octobre 15, 2005
Les mystères du tabagisme
Voici un produit de très grande consommation qui tue à petit feu la moitié de ceux qui le consomme, et rend malade l'autre moitié. Tout autre produit aux conséquences aussi funestes aurait été retiré de la consommation depuis des lustres. Non seulement ce n'est pas le cas, mais ce sont les consommateurs qui en redemandent !
Voici aussi un produit qui est devenu, au fil des années, un véritable produit de luxe.
Un paquet vaut environ 5 euros. Un couple de "bons fumeurs" qui consomme un paquet par jour chacun dépense donc chaque mois 280 euros, soit près de deux mille francs, l'équivalent d'un petit loyer. A ce rythme, en comptant sur une stabilité du prix, en 40 ans de tabagisme, ce couple aura transformé en fumée près de 134 000 euros, près de 900 000 francs, le prix d'une maison.
C'est ainsi que l'on assiste à des scènes affligeantes dans les écoles lorsqu'un parent annonce à l'instituteur, la clope au bec (toujours, toujours une clope au bec) qu'il ne peut pas payer la cantine du p'tit, parce que c'est bien trop cher ! La cantine du p'tit, en fait, il la fume chaque jour.
Les illogismes dus au tabac sont légions. Par exemple, bizarrement (et ça me scandalise), lorsque l'on fait une demande de prêt à une banque, on vous pose beaucoup de questions : est-ce que vous souffrez de maladies chroniques, avez-vous des handicaps, avez-vous d'autres prêts en cours... Mais on ne cherche pas à savoir si vous fumez. Pourtant, on l'a bien vu, le fumeur régulier ampute une bonne partie de sa capacité de financement et, accessoirement, une bonne partie de son espérance de vie. Où est donc la logique ?
De la même façon, le non fumeur est encore souvent marginalisé. Rares sont les restaurants qui respectent vraiment la loi en proposant deux espaces séparés, l'un fumeur et l'autre non fumeur. Quand c'est le cas, les non fumeurs sont "planqués" dans les coins les plus pourris de l'établissement, si possible près des toilettes.
Dans les trains, la situation s'arrange : les TGV et maintenant de plus en plus de trains régionaux sont non fumeurs. Par contre, la situation se dégrade sur les quais. Faute de pouvoir fumer dans les trains, les fumeurs frustrés fument TOUS sur les quais. Difficile d'avoir de l'air quand on attend son train !
Ne parlons des cafés et autres "bistrots". Je n'y ai plus mis les pieds depuis près de 10 ans. A chaque fois que j'y allais avec des amis, mes fringues et mes cheveux sentaient le vieux cendrier ! Une vraie infection.
Impossible de rester logique lorsque l'on parle tabagisme car c'est une situation illogique par nature. J'ai entendu un jour deux personnes discuter sur le quai d'une gare, clope au bec. Elles parlaient pollution et s'inquiétaient de la qualité de l'air. Difficile de ne pas intervenir. A ce propos, que deviennent les millions de mégots (et surtout les filtres) jetés tous les jours sur la voie publique ? Personne n'est parle !
Quand on parle des risques de santé avec les fumeurs, la réponse est souvent la même, un brin fanfaronne : "oh ! Il faut bien mourir de quelque chose ! ". Un radiologue m'a expliqué un jour que les fumeurs à qui il annonce un cancer dû au tabac font moins les fiers. On ne parle plus de mourir gaiement, mais de survivre, coûte que coûte ! Et le fanfaron prend soudain des allures de victime. C'est d'ailleurs souvent la veille d'une chimio qu'on décide d'arrêter.
Ce qui me met surtout hors de moi, c'est la raison première qui pousse à fumer : pour faire comme les autres pour paraître cool, pour devenir "adulte". Tout ça pour ça. Tous ces risques pour ça. C'est bien triste.
Finalement, pour un ado, la plus grande preuve de maturité, ce ne serait pas plutôt de ne pas commencer ?
vendredi, septembre 09, 2005
Heureusement, les syndicats sont là !
En particulier, j’avais une idée un peu idyllique des syndicats. Je les imaginais comme des pompiers qui venaient au secours du salarié en cas de problèmes professionnels. C’est quelque fois le cas, mais c’est aussi souvent l’inverse.
Je suis informaticien dans une grande société. Il y a chez nous plusieurs syndicats. Bien entendu, les membres actifs de ces syndicats exercent leur droit à l’activité syndicale. Pour cela, ils utilisent les moyens informatiques de l’entreprise : ordinateur, réseau, imprimante, Intranet. Pour nous, les informaticiens, ce sont des collègues, des copains quelque fois, bref, des utilisateurs comme les autres.
Mais certains syndicats mettent le combat contre le patronat au dessus de l’intérêt des travailleurs qu’ils prétendent défendre. Et pour taper sur le patron, certains syndicats n’hésitent pas à taper sur les salariés.
Il arrive parfois que des utilisateurs rencontrent des problèmes informatiques : des droits qui sautent, des machines qui se bloquent. Pour n’importe quel salarié, un simple coup de fil à la hot line permet de régler le problème.
Pour certains syndicats, ça devient obligatoirement une affaire d’état. C’est obligatoirement un complot, une odieuse obstruction à l’activité syndicale. Plutôt que d’appeler la hot line, comme tout le monde, ces gens envoient directement des mails de plainte à la direction générale. Ces derniers ne sont évidemment pas au courant, et redescendent alors le problème sur les pauvres informaticiens qui doivent ensuite gérer une situation de crise.
J’ai déjà été plusieurs la victime de ces pratiques qui me laissent sans voix. Si, par malheur, le problème rencontré par l’un de ces syndicalistes résulte d’une erreur humaine, le responsable en prend pour son grade, et c’est au syndicat qu’il le doit.
Je viens encore d’en vivre une nouvelle fois l’expérience il y a quelques jours. Un syndicaliste avait perdu les droits d’accès sur un outil permettant de publier des informations sur l’Intranet. Le problème rencontré est connu et facilement réparable. Lui redonner les droits que le système avait supprimé (pour de bonnes raisons car le compte n'était pas utilisé) ne m'a pris qu'une minute. Malgré cela, après correction, l'incident a été remonté par les syndicats directement à la Direction Générale.
J’ai voulu contacter ces gens, pour leur demander de m’expliquer comment ils peuvent avoir l’affront de dire qu’ils nous défendent alors qu'ils n’hésitent jamais à nous mettre en difficulté pour n'importe quel prétexte. On m’en a dissuadé. Comme on m’a dit : « Si tu vas leur parler, ils vont remonter à la Direction que tu fais de l’obstruction à l’activité syndicale et là, tu risques de vrais ennuis ».
J’irai donc les voir le jour où je voudrai me syndiquer, lorsque ma hiérarchie, inquiétée par les incidents toujours relevés par le syndicat délateur, voudra me licencier. Heureusement que les syndicats sont là !
vendredi, septembre 02, 2005
Je plains les jolies filles
Si une fille est belle ou simplement bien faite, elle doit se sentir comme une confiserie au milieu d'une cour d'école, prête à se faire croquer par le premier garnement venu.
Leur public est assez disparate. Il y a les jeunes hommes qui ne semblent pas trop prêter d'attention aux jeunes femmes, mais qui ont une démarche assez chaloupée pour les en excuser. Il y a le discret qui jette un petit coup d'oeil, là sur une chute de reins, là sur une poitrine en fleur, histoire de rester informé sur ce qui se fait. Il y a le séducteur qui croise les filles en leur décochant des regards de braise. Il y a enfin le prédateur qui jauge sur pièce chaque spécimen, en opérant un scanning visuel en bonne et due forme, et en insistant longuement sur les morceaux de choix de la bête.
Si la jeune femme croise un groupe d'hommes, la réaction est multipliée par le nombre d'individus présents dans le groupe. Car il est dans la nature profonde de l'homme d'être plus crétin en groupe quà l'unité.
Mais ne vous y trompez pas, les femmes aussi matent les jolies filles. Certaines même opèrent des scannings visuels qui n'ont rien à envier à ceux des hommes. On devine alors leurs pensées intimes :
- La vache, elle est mieux foutue que moi !
- Ouais, on la verra quand elle aura eu des enfants !
- Ses seins ! Elle a une de ces paires ! Sûrement des faux !
- Mettre des jupes si courtes ! Quelle traînée !
- Belle, belle, c'est vite : elle a quand même un peu de gras sur le bide !
- Si seulement je pouvais avoir ses jambes ! Juste ses jambes !
Seules les filles "dites" quelconques ou laides passent réellement inaperçues. Elles sont rendues invisible par la jupe volante d'une jeune beauté qui passe dans leur sillage. Ce sont les dures conséquences d'un martelage marketing opéré par les média et la mode. Mais un chanteur n'a-t-il pas dit dans une chanson que "toutes les femmes sont belles ?
Quant aux jolies filles, pas de parade pour se cacher, jupe ou pantalon, elles passent rarement inaperçues. Toutes les femmes sont belles, certes, mais certaines le sont plus que d’autres !
Les accords de Kyoto
" La catastrophe du siècle ", c’est ce qu’on entend maintenant régulièrement à la télé, sauf que l'entend tous les ans, si ce n'est plus. Les éléments se déchaînent de plus en plus, et bien heureux celui qui n’y voit pas aujourd’hui un lien de cause à effets entre l’impact de l’activité humaine sur terre et ses dérèglements climatiques de plus en plus brutaux.
Les spécialistes nous mettent en garde depuis des dizaines d’années sur les effets pervers de ce réchauffement : sécheresse, canicule, inondations, tempêtes, … Des fondations comme celle de Nicolas Hulot se battent depuis des années pour essayer de faire prendre conscience aux autorités, mais aux populations aussi, mais c’est toujours aussi difficile.
Les Etats du monde entier ont fait un pas en avant dans la prise en compte de ce problème majeur, en signant les accords de Kyoto dont l’un des objectifs est de réduire les émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement. La plupart des pays industrialisés ont signé, tous, sauf les USA.
Sur le sujet de Kyoto, Georges Bush a un comportement d'autruche, doublé de l’entêtement d’un âne. Car respecter les accords nécessite de l’argent. Et cet argent là, ce n’est pas un investissement rentable, juste un investissement sur la vie. N’avait-il pas dit que d’ici à ce que ça devienne catastrophique, les connaissances technologiques auront tellement évolué que l'humanité aura trouvé une parade ?
Pour une fois, ce n’est pas un petit pays lointain qui est touché, mais le sol des USA. Peut-être que cela aidera Georges à mieux comprendre que ce n'est pas toujours le Bangladesh qui en prend plein la figure ? C’est même pas sûr : la Louisiane n’est pas son état préféré.
mardi, août 30, 2005
Le pétrole m'a tuer
J’aime beaucoup la surprise avec laquelle le public et les autorités abordent le problème. Le président Jacques Chirac n'a-t-il pas dit à la télé que les cours risquaient de rester élevés ? Sans blague ?
Pourtant, en dehors du contexte politique difficile en extrême orient, et de toutes les autres raisons artificielles pouvant expliquer les raisons de cette hausse, il ne faudrait pas oublier qu’un jour ou l’autre, voir même dans très peu de temps, il n’y aura plus de pétrole, ou alors en faible quantité et à des prix inabordables.
Mais qu’est ce qui est fait actuellement pour préparer la transition ? En cinquante ans, l’humanité a été capable de faire des miracles technologiques dans tous les domaines. Mais pour ce qui est de l’énergie, c’est un peu le statu quo. Le bon vieux moteur à explosions a encore de beaux jours devant lui.
Les USA, champions de la technologie, par exemple, sont plus intéressés par Mars que par la Terre. L'éolien a du plomb dans l'aile (en France du moins). Le solaire est éteint. Quant au nucléaire, nos centrales arrivent en fin de vie. A croire qu'il y a un dieu qui nous a condamné à acheter du pétrole à ceux qui en produisent.
Et ça ne s'arrange pas, ça s'aggrave. Depuis quelques années, la chine se réveille, et d'autres pays leur emboitent le pas. Conséquence du réchauffement climatique dû en principalement à notre pollution, les glaces fondent aux pôles, ce qui permettra d'exploiter de nouveaux gisements de pétrole et donc d'aggraver la situation.
Même en France... Après vingt ans de course aux économies d'énergie, les ventes des 4x4 explosent. Les français qui sont les champions pour critiquer les américains, font exactement pareil qu'eux. Pourtant ces voitures « tous terrains » qui ne vont que sur les route bitumées, consomment largement plus que les berlines traditionnelles. Manque de bol, les progrés en matière de consommation qui ont été faits sur les voitures « normales » sont bouffés par les excès de consommation des gros 4x4. C'est fort regrettable.
Moi qui ne suis pas un fou de vitesse, je me contenterais bien d’un véhicule non polluant, électrique ou autre, même avec des performances très modestes en vitesse de pointe et en accélération, du moment que cela réduit fortement ma consommation et la pollution. Seul problème, ces voitures, quand elles existent, coûtent une petite fortune et n'ont pas une autonomie suffisante pour une vraie utilisation. Apparemment, la recherche dans ce domaine n'intéresse pas grand monde.
Pour essayer d'apporter ma pierre à l'effort collectif, à défaut, je me suis donc converti aux transports en commun. Mais j'ai de gros doutes. Je prends un bus à Versailles pour aller sur mon lieu de travail : ce sont de bons, de gros, de vieux bus bien pollulants, dont les moteurs diesel crachent de gros nuages de gaz d'échappement. Mon bus arrive à la station environ 15 minutes avant le départ. Pendant tout ce temps d'attente, le moteur tourne et pollue... pour rien...
Il nous reste comme espoir désespéré que Mère Nature nous botte les fesses, juste assez fort pour nous faire comprendre qu'on déconne, mais pas trop quand même pour nous montrer qu'elle nous aime encore, malgré tout. A coup de réchauffement climatique, de montée des océans et autres déréglements, peut-être parviendra-t-elle à nous faire comprendre que nous sommes chez elle, et que chez elle, c'est non fumeur !
Je vous invite cordialement à faire un petit tour sur le site de la fondation Nicolas Hulot (cliquez ici).

vendredi, août 26, 2005
L'effet mouton en avion
Généralement rien, jusqu'à l'instant ultime où UN passager se lève. Et alors là, c'est la panique. Affolé, le troupeau lui emboîte le pas, et tout le monde est debout à attendre pendant une éternité de pouvoir sortir.
C'est encore plus rigolo dans les avions. A peine atterri, même si l'avion roule encore, on entend déjà les "clics" de la ceinture qu'on détache. Les champions se mettent déjà sur la ligne de départ. Un jour, lors d’un de mes voyages, l'hôtesse a même du faire une annonce pour demander de rester assis tant que l'avion roule encore parce qu’un papy s'était déjà levé pour mettre son manteau.
Moi, j'observe et je ris. Je ris de tous les voir se lever dans un bel élan, dès que l'avion s'immobilise. Je ris de les voir mettre péniblement leur manteau et reprendre leurs bagages, tous serrés les uns contre les autres. Je ris de les voir se bousculer dans le petit couloir de l'avion, juste pour attendre de pouvoir sortir, tandis que je suis encore confortablement assis. Je ris ensuite beaucoup en les voyant attendre ainsi, chaudement vêtus, chargés des bagages, debout, pendant 10 à 20 minutes, le temps que la passerelle soit en place, le temps que les premières classes descendent, le temps que la première partie de l'avion se soit vidée. Un rien m'amuse.
Une fois, j'étais assis à côté d'un homme qui, visiblement, faisait partie du troupeau. Il était côté hublot, et moi côté couloir. Autrement dit, je lui barrai le passage. Alors j’ai pris les devants, juste avant l’atterrissage :
- vous allez voir, après l’atterrissage, c’est le meilleur moment !
- pardon ?
- oui, après l’atterrissage, c’est l’effet mouton : tout le monde se lève comme un seul homme, et ensuite, tout le monde attend une éternité, debout pour pouvoir sortir. Vous allez voir, ça me fait beaucoup rire.
Je riais, mais lui pas vraiment. Juste après que l’avion se soit immobilisé, tous les passagers se levèrent d’un seul homme pour ensuite poireauter, comme prévu. Mon voisin piaffait visiblement d’impatience, craignant peut-être que l’avion reparte avec lui. Mais je n’ai pas bougé. Je ne me suis juste contenté de me pencher vers lui, en disant : « Là, vous voyez ! ».
Démonstration d'intelligence
Il y a presque vingt ans maintenant, j’ai vu à la télévision une démonstration magistrale. L’émission en question était un simulacre de jugement. L’animateur jouait le rôle du juge. Le plateau ressemblait à une salle de tribunal. Il y avait deux parties radicalement opposées: ceux qui était « pour » et ceux qui étaient « contre ». Chaque semaine, un thème différent était abordé, et les deux équipes adversaires tentaient d’apporter le plus de preuve et d’argument possible pour convaincre le jury.
Ce soir là, le sujet était le « paranormal » : spiritisme, voyance, télékinésie, … Dans le camp du « pour », on retrouvait des professionnels de la voyance, des « magiciens » authentiques, des personnes qui se disaient dotées d’un don surnaturel particulier. Dans le cas du « contre », il y avait Majax.
Majax est un personnage qui a eu son heure de gloire dans les années 80. On le voyait dans de nombreuses émissions. C’est un prestidigitateur de talent. Un maître dans son art, qui a été et qui est certainement toujours consulté pour démasquer les tricheries diverses et variées.
Tout au long de l’émission, la position de Majax tranchait avec celle de ses opposants. Alors que les arguments de ses adversaires tenaient plus de la croyance, ceux de Majax tenaient du bon sens. Selon lui, tout est explicable, et tout peut être truqué. Aucun phénomène ne peut être qualifié de « sur naturel » si il n’a pas fait l’objet d’une étude en laboratoire, dans des conditions qui empêchent les « trucs » qu’il ne connaît que trop bien. Cette position avait le don d’agacer les partisans du paranormal qui l’accusaient d’obstruction, d’entêtement.
Soudain, coup de théâtre. L’animateur annonce qu’il a été contacté par un jeune homme qui dit avoir un don particulier : celui de pouvoir enflammer un bout de papier simplement en le fixant des yeux. Il demande à chaque partie adverse s’ils acceptent la démonstration.
Les partisans du « pour » étaient enthousiastes, mais Majax était réservé. Il acceptait quand même, mais en expliquant que, quoi qui allait se passer, il ne pourrait y croire qu’en refaisant l’expérience dans son laboratoire selon son propre mode opératoire. Encore une fois, expliquait-il, tout peut être truqué, même devant une caméra.
Le jeune homme entra sur le plateau. Il était tout timide, et visiblement très stressé. On posa un verre à pied retourné sur une petite table, et dessus, un petit bout de papier. Le jeune homme se concentra très fort pendant quelques dizaines interminables secondes. La caméra montrait alternativement le visage du jeune homme, et le fameux bout de papier. Soudain, incroyable, le verre éclata en mille morceaux. Stupeur dans la salle. Le jeune homme, en sueur, expliqua que ça pouvait arriver s’il était très stressé.
Les partisans du paranormal jubilaient. Devant des millions de spectateur, preuve était enfin faite de la réalité du surnaturel. L’animateur demanda à Majax de s’exprimer. Ce dernier, toujours aussi froid, répéta simplement ce qu’il avait dit : seule l’expérience en laboratoire peut prouver qu’il s’agit bien d’un phénomène inexpliqué. Ses adversaires se mirent alors dans une terrible colère et accusèrent Majax de nier l’évidence. L’animateur eut beaucoup de mal à rétablir le calme.
A ce moment, Majax se leva. Il se dirigea vers le jeune homme qui avait fait exploser le verre. Il le prit par les épaules, et dit : « je vous présente Untel, c’est un jeune comédien que j’ai embauché. Le verre qui explose, c’est un de mes trucs que je ne dévoilerai pas ici, pour ne pas qu’il soit exploité par des charlatans. ». Et il retourna s’asseoir, digne.
C’était magistral, formidable, royal. Depuis, je cherche le moyen de revoir cette fameuse émission. J’ai même contacté Majax, sur son site Internet. Mais lui même ne s’en souvenait plus. Alors, si vous avez le moyen de mettre la main dessus, pensez à moi !
jeudi, août 25, 2005
Voter intelligent
Je ne sais pas pour vous, mais moi, je ne m’étais pas senti bien ce jour là.
Pour le oui, ou pour le non, à la rigueur, tel n’est pas le problème. Mais c’est plutôt le déroulement de la campagne et du vote qui m’a perturbé. Au soir du 29, j’avais l’affreuse impression qu’une grande décision venait d’être prise sans que ceux qui l’avaient voté l’aient fait en toute connaissance de cause.
Pendant les débats, je n’ai pas entendu beaucoup d’arguments valables du côté du non. La Turquie : le non n’empêche rien, au contraire, ça simplifie leur entrée en Europe. Trop libérale ? Les anglais la juge trop sociale ! J’en passe, et des meilleures.
Dans la catégorie du vote intelligent, je donne le grand prix à ces deux jeunes inconnus qui ont été interrogés à la sortie de l'isoloir. Le premier, un homme, indiquait en riant avoir voté "non" pour faire chier Chirac. L'autre, une jeune femme, expliquait avoir voté "non" pour (je cite) venger sa mère qui ne sait pas lire, et qui avait été humiliée de recevoir dans sa boîte aux lettres un si gros texte auquel elle ne pouvait rien comprendre (…).
Je retiens aussi d'un certain Laurent Fabius cette tirade mémorable qu'il a lancée à la télé environ deux mois avant le référendum et qui montre bien à quel point il se souciait de l'Europe :
- voter oui, c'est faire le jeu du gouvernement. Il vaut que le PS appelle à voter non, sinon nos militants ne comprendraient pas qu'on appelle à voter comme la droite".
A un collègue d'origine britannique qui, absolument médusé, me demandait de lui expliquer pourquoi les français s'étaient tirés eux-mêmes une balle dans le pied, je lui expliquais que beaucoup ne comprennent pas les questions qu'on leur pose.
Pour illustrer mon propos, je lui ai raconté ce qui s'est passé lors de notre dernière réunion de copropriété. Ce jour là, nous devions voter une motion autorisant les co-propriétaires ayant de gros problèmes financiers et ne pouvant payer les charges courantes, à pouvoir faire une demande de prêt à un organisme spécialisé. L'objectif était de leur éviter de devoir vendre leur appartement comme ça s'était déjà produit. Cela n'a aucun impact sur la copropriété, ni financier, ni juridique ; le vote n'est qu'une simple formalité, d'ordinaire acquis d'avance. On se demandait même l'intérêt de mettre au vote une décision si pleine de bons sens.
Pourtant, à la surprise de tous, plusieurs personnes ont voté "non". Surpris, le président leur a demandé pourquoi ils refusaient.
- Certains votaient "non", parce qu'ils sont par définition opposés à tout ce que propose le président de la copropriété, avec lequel ils ont des différents personnels.
- Certains votaient "non" parce qu'ils ne comprenaient pas vraiment le sujet... Alors, dans le doute, mieux valait ne rien bouger.
- D'autres votaient "non" parce qu'ils comptaient payer leurs charges sans avoir recours à un prêt. Le président recadra donc le débat en précisant que la question n'était pas de savoir comment ils comptaient payer leurs charges, mais si nous autorisions ceux qui ne le pouvaient pas à profiter de ce prêt exceptionnel. Leur vote restait toujours "non", en précisant "non, je ne veux pas faire de prêts pour payer mes charges". Il aura fallu expliquer CINQ fois, en reformulant à chaque fois, pour qu'ils répondent enfin à la vraie question !
Et c'est triste à dire, mais le 29 mai dernier, une partie des français a voté comme à une banale réunion de copropriété.
Mais je suis rassuré. La terre continue de tourner, et l'Europe continue de fonctionner sur la base d'un traité de Nice que les partisans du non jugeaient calamiteux. On en parle déjà plus. Ca ne devait donc pas être si grave que ça…
Pantalon taille super basse
J'ai toujours eu beaucoup de problèmes avec « la mode » en général, et avec les modes vestimentaires en particulier. La "mode" est mon sens une perte sèche de liberté. Au travers de la "mode", les masses (ou plutôt le commerce), imposent à toutes et à tous une manière de vivre, de consommer, de s'habiller. Voir de penser.
Celui qui s'écarte de la mode doit s'attendre à quelques complications. Les industriels l'ont bien compris et ont tout intérêt à imposer aux plus jeunes, les plus vulnérables – les plus vaches aussi sur ce plan là, les modes qui leur profitent le mieux. Quel gosse n'a pas ses nikes ?
Moi, quand j’étais ado, je fuyais la mode comme la peste. C'était ma manière à moi d'être un "rebelle" tandis que les autres s'habillaient "à la mode". Et plus ils étaient "à la mode", plus ils se sentaient différents. Allez comprendre.
Certaines modes sont difficilement explicables : celles qui nuisent à l'intégrité physique (le tabac ; nous y reviendront), celles qui nuisent à la liberté (liberté de mouvement en particulier, on va le voir !), celles qui nuisent simplement à votre image (quand on a l'air complètement con).
A propos de ces deux dernières catégories, je suis tombé récemment sur un spécimen fort intéressant. Je descendais de mon train, ou du moins, j’essayais d’en descendre car j'en étais empêché par un jeune homme qui éprouvait quelques difficultés. J'ai tout d’abord cru qu’il était atteint d'un handicap moteur tant il semblait avoir des problèmes à sortir de la rame.
Ce n'est qu'une fois sur le quai que je compris qu'il était en fait en parfaite santé. S’il avait autant de problèmes à se mouvoir, c’est tout simplement parce que… ses jambes étaient totalement entravées par son pantalon. Le jeune homme était une malheureuse victime de la mode.
J’étais fasciné, je dois l’avouer. Je n’avais jamais encore vu ça, en tout cas à un tel degré. Le pantalon était descendu très bas, au niveau des genoux. Sa ceinture était très serrée à mi chemin entre ses hanches et ses genoux. Bien en dessous des fesses donc. Cette ceinture devait être la seule chose qui empêchait le pantalon de lui tomber sur les mollets. Pour lui cacher les fesses, il portait un immense pull en laine, certainement tricoté main pour l’occasion. Autant dire qu’il portait son pull comme une jupe.
C’était réellement impressionnant. Il marchait à la manière des pingouins. C’était divin. Une jeune fille très séduisante l’accompagnait, ce qui prouve bien que cette mode est porteuse.
Je les ai suivis pendant quelques minutes, en ralentissant ma marche pour ne pas les dépasser. Je ne voulais absolument pas manquer la descente dans le tunnel, pour sortir de la gare. Et je n’ai pas été déçu. Le pauvre gars avait les pires difficultés, et c’est marche après marche qu’il descendit l’escalier. Sa jeune admiratrice l’accompagnait, en descendant l’escalier au même rythme : on aurait dit qu’il accompagnait un ami blessé.
Je n’ai pas pu les suivre jusqu’à l’autre escalier, qu’il fallait remonter cette fois-ci. La démarche de l’individu était tellement lente, que je me serais fait repéré. J’ai donc enclenché la seconde et les ai doublé avec regret.
N’empêche, bravo à ceux qui, comme ce jeune homme, sont prêts à se sacrifier pour la mode. Ce ne sont plus des fashion victims mais bien des martyres. Chapeau bas.
mardi, août 23, 2005
Musique, douce musique
J'en ai offert un à ma femme. C'est un RIO carbon, une pure merveille. Disque dur intégré de 5 Go (soit plus qu'il n'en faut pour y mettre sous format WMA toute notre collection de CD), une autonomie formidable, une qualité de son reconnue, et pour ne rien gâter, un super look.Aujourd'hui, ceux et celles qui prennent le bus et le train peuvent constater que la mode touche tout le monde : jeunes, vieux, cadres, ouvriers. Tout le monde est équipé. Je vois même ressortir quelques anciens lecteurs CD, voir même des bons vieux Walkman K7 qui avait initié le mouvement de la musique mobile dans le début des années 80.
Du coup, quand vous prenez le train et / ou le bus il est fréquent d'être assis à côté d'un individu casqué. Concernant le casque, la mode diffère : il y a les casques discrets qu'on met directement dans l'oreille, les autres plus voyants qu'on porte comme des branches de lunettes, jusqu'au casque "poids lourd" anti conformiste (pour rebelle uniquement ou mélomane maniaque), c'est-à-dire le gros casque SONY double épaisseur modèle "casque anti bruit de chantier".
Théoriquement, le casque permet de confiner la musique au seul utilisateur de l'appareil. Dans la théorie, oui. Maintenant, dans la pratique, ce n'est pas souvent le cas.
Il y a quelques jours, j'étais assis à côté d'un jeune homme d'une vingtaine d'années qui devait écouter une musique bien trash, genre métal ou autre. J'entendais quasiment tout : les percussions, et surtout la guitare électrique déchaînée. J'entendais, mais comme au travers d'une machine à déformer les sons : les graves étaient absents, seuls les aigus passaient. Et ils passaient mal. Horrible. Insoutenable.
J'étais assez partagé dans ce que je voulais faire. Difficile de dire à un mec casqué que sa musique m'insupporte. Autant dire à un fumeur qui fume dans la rue, mais juste sous mon nez, d'aller fumer ailleurs. Surtout, je m'interrogeais sur la raison qui expliquait que j'entendais tout et si fort : casque nul qui laisse tout passer, ou musique poussée à fond ?
Pendant tout le trajet, je mourrais d'envie de demander à écouter pour avoir la réponse, mais j'ai réussi à me contenir. Je suis arrivé à destination les nerfs tendus comme des cordes à piano, mais je suis fier : j'ai tenu bon. Qui a dit que la musique adoucissait les mœurs ?