Ce parasite, c'est vous !
Vous ne le savez peut-être pas encore, mais votre pire cauchemar est peut-être en train de se réaliser. Après 200 ans d'ère industrielle, après une multiplication par 6 du nombre d'humains sur terre dans ce même lapse de temps, et après une multiplication de nos rejets de CO2 dans l'atmosphère en moins de 50 ans, le grand bouleversement est en train de se produire, discrètement, doucement mais sûrement.
Après avoir sonné le tocsin pendant des années sur les méfaits pour notre bonne planète de notre consommation à outrance, les scientifiques qui avaient jusqu'ici élaboré des scénarii catastrophes dignes des films de Hollywood se rendent compte... qu'aussi terribles pouvaient-ils être, ces scenarii sont certainement bien loin de la réalité.
Car les scientifiques ont fait des progrès énormes en la matière et ils ont découvert un élément qui leur avait échappé : l'emballement.
Comment vous expliquer ça sans vous faire trop peur ?
Pour compenser l'augmentation de nos rejets en CO2 sur nos arbres, les scientifiques comptaient sur nos bons vieux arbres qui, comme chacun sait, transforment le CO2 en oxygène par photosynthèse. Oui, mais ils viennent de se rendre compte qu'à cause de l'augmentation des températures, les arbres nous trahissent, et que, comme pendant la canicule 2003, ils produisent eux mêmes du CO2, sans parler des émissions de CO2 dues aux feux de forêt !
Ils n'avaient pas pensé non plus au permafrost, ces sols gelés dans les zones froides, qui, en dégelant, commencent à « dégazer » d’énormes quantités de carbone. Idem pour les tourbières, ces sols constitués d’un empilement de matière organique qui, sous l’effet de la chaleur dégagent elles aussi du gaz à effet de serre. Idem, encore, pour les stocks d’hydrates de méthane naturelles dans les sols… Si rien n’est fait, ce flot de carbone dans l’atmosphère aura doublé d’ici cinquante ans.
courbe des températures moyennes depuis 1880
Du coup, ce chamboulement climatique qui devait se faire sur des centaines d'années pourrait bien se produire beaucoup plus rapidement avec des conséquences encore mal connus sur le climat en général, sur les espèces vivantes en particulier et sur notre survie tout court.
On en parle finalement peu dans les média. Les voix qu’entend Sidane, les buts qu'il marque, et les chanteurs de la star académie intéressent beaucoup plus le grand public.
Pourtant, le train est en marche. Les conséquences sont déjà visibles au pôle, dont les banquises fondent comme neige au soleil. Les inuits paient au prix fort l'industrialisation effrénée de ces pays riches qu'ils n'auront jamais la possibilité de visiter. On en parle peu (tout le monde s'en fout, pour être exact) mais certains villages sont déjà évacués. Les habitants de quelques îles paradisiaques pourront aussi vous en parler, eux qui cherchent déjà où ils vont bien pouvoir aller puisque le niveau de la mer monte inexorablement. D'ici quelques dizaines d'années - peut-être plus vite encore, ces îles (commes les seychelles par exemple) seront un beau souvenir sur des cartes postales.
Témoin cet article de l’AFP trouvé la veille de mettre en ligne cet article. Des articles de la sorte, qui indiquent à quel point les scénarii pessimistes sont en dessous de la réalité s’accumulent :
SAINT-LOUIS, Missouri (AP) - Les glaciers du sud du Groenland rejettent de plus en plus de glace dans l'océan. Non seulement ils fondent mais ils glissent aussi plus vite vers l'océan. Soumis au réchauffement du climat, les glaciers du sud du Groenland rejettent de plus en plus de glace dans l'Atlantique, contribuant ainsi davantage à l'élévation du niveau de la mer qu'on ne le pensait jusqu'ici, affirment des chercheurs américains. En raison de l'accélération de leur progression vers l'océan et d'une fonte accrue, ces glaciers pourraient désormais représenter près de 17% de la hausse annuelle du niveau de la mer, selon Eric Rignot, du Jet Propulsion Laboratory de la NASA à Pasadena. Un chiffre deux fois plus élevé que les précédentes estimations. L'étude a été présentée jeudi à la conférence annuelle de l'Association américaine pour l'avancement de la science (AAAS) et paraît vendredi dans la revue "Science". La hausse de la température de l'air semble être la cause de l'accélération de la marche de ces glaciers, qui avancent de 13 à 15 kilomètres par an pour les plus rapides et rejettent une quantité croissante de glace dans l'Atlantique.Le seul moyen d'endiguer cette perte de glace serait que le Groenland reçoivent davantage de chutes de neige, selon Julian Dowdeswell, de l'université de Cambridge. […]
Les gouvernements commencent à se réveiller et à sonner l'alarme. Un peu tard. Les scientifiques, eux, sont catastrophés. Tous ? Non, car un petit groupe échappe encore et toujours à la panique. Ce sont quelques scientifiques proches du gouvernement Busch qui rassurent le bon peuple, tant qu'ils peuvent, en expliquant que ce que nous vivons n'est qu'un épisode naturel. Et c'est vrai, la terre a connu de nombreux changements climatiques. Mais ils s'opèrent sur des milliers d'années, jamais sur des périodes si courtes et avec des symptômes si graves.
C'est que le gouvernement Busch a d'autres chats à fouetter. Il y a d'abord l'Irak qui coûte une fortune au pays (mais l'argent n'est perdu pour tout le monde, ouf). Il y a aussi les lobbies pétroliers à satisfaire, avec Exxon en tête. Il y a aussi ses concitoyens, qui à eux seuls sont responsables de 25% de la pollution mondiale, et qui verraient d'un sale œil qu'on leur demande de baisser la clim. Alors face à tout ça, les accords internationaux pour essayer de limiter les dégats sont peu de chose : les américains refusent toujours de signer ceux dits "de kyoto" pour la limitation du rejet de gaz à effet de serre. Un scandale.
Le gouvernement américain montre pourtant qu’il s’intéresse à la question, mais de la plus mauvaise manière qu’il soit. A la demande du sénateur James Inhofe (républicain connu pour ses positions ultra-conservatrices, du camp de Bush), un homme est intervenu devant le Sénat américain le 28 septembre 2005 pour expliquer aux sénateurs que le réchauffement global était un vaste canular monté par les écologiques du monde entier. Comme preuve, il avance son livre « Etat d’Urgence » qu’il a écrit, et qui prouve, selon lui, cette manigance. Seul hic, le livre en question est un roman, et l’auteur, Michael Crichton, n’a rien d’un scientifique reconnu dans le milieu de la climatologie. C’est en fait un écrivain à succès de science fiction, auteur de « La Firme », « Harcèlement », « Jurassic Park », et la série « Urgence ». Une référence, en effet. Les politiques américains auraient-ils perdu la tête ?
On pourrait être inquiet pour eux et se dire qu'ils doivent être rongés par les remords, mais tout va bien : une étude montre que très peu d'américains est conscient du problème, pour cause de désinformation. J'ai même vu à la télé une américaine qui, interrogée dans la rue, a répondu, quand on lui a demandé si l'état de la planète l'inquiétait : "Non, car je sais que Dieu nous protège."
Et elle a bien raison cette brave dame. Au point où nous en sommes, vu l'inertie des peuples et de leurs gouvernements, il n'y a guère plus que Dieu sur qui nous pouvons compter. Espérons simplement qu'il existe et qu'il ne se comportera pas en bon propriétaire qui constate que ses locataires ont tout cassé dans sa maison : il pourrait se fâcher et nous jeter dehors à grands coups de pieds dans le derrière.
Reste aussi et surtout à le prier d'être celui qu'on dit, et que dans sa grande bonté de nous pardonner nos égarements environnementaux. Peut être ajoutera-t-il en conclusion : "Je leur pardonne, car ils ne savent pas ce qu'ils font".